Club Nordic Evasion

Les carnets du Quadrupède

SITE Du Centre de délassement de Loverval/Marcinelle

 

(Composition : Juin 2015. Hubert Jean-Pierre)

 

 

Un peu d’histoire de Loverval

 

Loverval est, historiquement, un très ancien village, caché dans l'écrin de ses bois et de ses eaux.

L'origine de ce nom est incertaine :

-         " La Vallée de Lovier ", du nom d'un propriétaire germanique

ou bien

-         " La Vallée des Loups (ou du Loup) ", selon l'explication populaire.

L’endroit s’appelait Loverna en 844, Lovervaulx en 1390, Louerval en 1651.

Sur la carte ci-dessous datant de la fin du 17ième siècle, c’est le nom Louvervalle qui est mentionné.

 

 

 

Dans l’atlas de Ferraris (premier atlas de Belgique datant de 1777), c’est le nom de Louverval qui est mentionné.

On peut distinguer sur la carte la présence d’un lac (voir la flèche jaune) au même endroit qu’aujourd’hui.

 

L’orthographe et même la signification des noms de sites, de villages ou de villes ont évolué avec le temps et avec les diverses occupations (romaine, germanique, espagnole, autrichienne, hollandaise, française)….

Cette évolution est parfois volontaire et peut avoir une justification.

Par exemple, Montigny-le-Tilleul (ou aussi Montignies-le-Tilleul) s’appelait au 17ième siècle Montigny-le-Tigneux.

 

Selon le dictionnaire  de français rédigé par Richelet en 1680 « tigneux » signifiait :

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-Tigneux, tigneuse, ou teigneux, teigneuse, adj. : ce mot se dit des personnes seulement, et signifie

qui a la tigne, qui a de la galle à la tête. [ Il est  tigneux. Elle est tigneuse. ]

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On est donc bien loin du beau «le  tilleul », terminologie qui a remplacé  «le tigneux » au 17ième siècle pour des raisons que l’on comprend.

Les noms peuvent aussi fortement varier selon les langues : Mons (FR) ou  Bergen (NL), Lille (FR) ou Rijsel (NL), Liège (FR) ou Luik (NL) ou Lüttich (D) ou Lîdje (W)   etc…etc…

La route N5 de Charleroi vers Philippeville a deux cents ans. C’est un axe nord-sud, rectiligne, stratégique, commercial et touristique conçu par des ingénieurs français et ouvert au trafic sous l’impulsion des  hollandais vers 1820. Cet axe  coupe le territoire de Loverval en deux parties.

À l'Est  s'étendent  « le Village » ou « le vieux Loverval » et « les Morlères ».

A l'Ouest s’étendent « le Try d'Haies » et « le Chêniat ».

Le « Try d’haies » regroupait jadis des  terres peu fertiles livrées aux pauvres manants à l’écart de la réserve seigneuriale. C’était du temps de la féodalité. Les  « haies » ou « bois sauvages » abondaient sur les collines proches des rives de la Sambre. Elles attiraient le gibier et … les chasseurs.

Le « Chêniat »,  mot signifiant bois planté par opposition à un bois sauvage. Cette partie de Loverval est caractérisée par un quartier résidentiel aisé construit entre les deux guerres par la bourgeoisie aisée carolorégienne. On y trouve plusieurs villas de l’architecte moderniste belge, Marcel Leborgne. Certaines villas sont classées aujourd’hui.

 

 

Le relief de Loverval est inégal, entrecoupé des vallées du ruisseau du Fond des Haies, d'une part, et du ruisseau du Draguet ou de Saint-Hubert, de l'autre.

L'altitude varie de 155 à 210 mètres.

La surface de Loverval est de   424 ha  et le nombre d’habitants était de 1.937 en fin 2014.

En plus de son excellent renom, la commune possède des institutions de haute renommée et certaines curiosités, notamment :

 

Institutions

-         Le centre sportif de l’ADEPS, installé dans l’ancienne Ferme du Château, qui fut reconstruite en 1845. Elle est située à l’Allée des sports.

 

-          Sur les ruines d'un château fort datant du 13ème siècle, s'élève le château de Loverval de style néo-classique.  La partie la plus ancienne du château  aurait été construite par Louise-Martine de Flaveau de la Raudière, baronne de Loverval et d’Ermeton-sur-Biert vers les années 1770. C’était une résidence d’été et un relais. Le château a ensuite appartenu à la famille des Princes de Mérode.  Le château et son parc sont devenus en 1940 la propriété des Sœurs de Charité de Jésus et de Marie,  après le départ du dernier seigneur de Loverval, le Prince Louis de Mérode. Le domaine s’étend sur une superficie de vingt-sept hectares comprenant  bois, prairies, verger, potager emmuraillé, l’Institut Notre-Dame de Loverval et un centre spirituel.

 

 

http://www.entre-sambre-et-meuse.be/IMG/jpg/DSCN3814.jpg

 

-          L’MTR et le Centre des grands brûlés implantés dans le cadre verdoyant du bois de Scouffe

-          Le musée Marcel Collet logé dans la bibliothèque de Loverval (ancienne école communale sur la route de Philippeville) et le musée d'Histoire et d'Archéologie de Marcinelle à l’avenue des Muguets, 16, donc tout près de notre site.

-          Les « Grands Lacs » et le Centre social de Délassement avec piscine fonctionnelle en été, accessible par l'allée des Cygnes.

-          C’est là que se situe en grande partie le terrain d’exercices (et parfois de souffrances) de notre club des Quadrupèdes.

-          Le site du bois du Cazier n’est pas à Loverval, mais à Marcinelle. Il constitue le second site d’exercices et de souffrances lors de la grimpette au sommet du terril.

 

Curiosités

-Le village de Loverval appartenait au 9ième siècle à l'Eglise d'Aix-la-Chapelle.  Loverval dépendait également de la Commanderie des Templiers de Bertransart, puis passa à la Principauté de Liège, en 1155. Les autres communes de Gerpinnes (Acoz, Gerpinnes-Centre, Villers Poterie,…) appartenaient à cette période au Comté de Namur.

-L'église actuelle date de 1742 et est dédiée à Saint-Hubert, vénéré pour les maux de tête, de dents, les maladies mentales,  la rage   et les ensorcellements. Elle convient donc particulièrement à notre club lorsque nous appliquons la devise des légionnaires français « Marche ou crève ! ». L’église a été construite en pierre du pays. Elle  est encore entourée du cimetière.

 

-Une brasserie seigneuriale existait au 16è siècle. La famille Watillon en fit une brasserie familiale en 1888. La seconde guerre mondiale mit fin aux activités de brassage de la bière. Elle est bien évidemment située à la rue de la brasserie à Loverval.

 

-Le Château-ferme de Fromont avec donjon carré du 14e s. Allée du Vieux-Frêne.

 

-Le site préhistorique (paléolithique supérieur) de la grotte des Sarrasins. Les objets découverts sont visibles au Musée archéologique Marcel Collet de Loverval.

-Le site attribué aux Templiers. Les ruines sont  accessibles par l'allée des Templiers.

-Le massif karstique du Borgnery, avec des résurgences fossiles, grottes, dolines et abrupts rocheux. Une ancienne carrière s’y trouve et abrite le mémorial des Fusillés.

Ces trois dernières curiosités seront développées ci-dessous car elles se rencontrent sur nos circuits de balade.

 


Le site de notre marche nordique

 

Le toit de notre kiosque est indiqué par la flèche rouge. Le kiosque est établi au croisement de l’avenue des muguets et de l’avenue de la petite Suisse.

A noter qu’à l’altitude où est pris le cliché,  les bonnets et chapeaux sur nos têtes ne sont pas visibles…

Les lacs sont indiqués par les flèches jaunes. Ils sont  séparés par les infrastructures des piscines. Ces lacs sont alimentés par le ruisseau du Fond des Haies.

 


Un peu de géologie

 

Les roches calcaires (voir photo ci-dessous) sont des roches sédimentaires formées par des dépôts de coquillages et squelettes animaux, par une précipitation du calcaire dissous dans des eaux saturées de cet élément et par des anciens récifs coralliens. On trouve donc souvent dans cette roche des fossiles animaux.

 

 

 

 

Lorsqu’on brise un bloc calcaire, on peut sentir une (légère) odeur de cadavre qui rappelle l’origine biologique de cette roche.

Le calcaire réagit avec l’acide (chlorhydrique, acétique (vinaigre)…). Cette effervescence peut être utile au géologue qui doit, sur le terrain, reconnaître une roche calcaire.

Selon le type de calcaire, celui-ci est plus ou moins résistant et plus ou moins soluble dans les eaux acides. Ces phénomènes de dissolution des calcaires, via la circulation des fluides dans les diverses fractures et cassures, sont appelés phénomènes karstiques (grottes, dolines, pertes, aven, etc.). Le calcaire ainsi dissous peut se précipiter à nouveau pour former des  stalactites (tombantes) et des stalagmites (montantes) dans les grottes.

Le karst est une structure géomorphologique résultant de l'érosion hydrochimique et hydraulique de toutes roches solubles, essentiellement des calcaires. Les karsts présentent pour la plupart un paysage tourmenté, un réseau hydrographique essentiellement souterrain (rivières souterraines) et un sous-sol creusé de nombreuses cavités : reliefs ruiniformes, pertes et résurgences de cours d'eau, grottes et gouffres. Ces paysages sont assez fréquents.

Le terme « karst » est originaire de la région éponyme du Carso ou Kras, haut-plateau calcaire situé entre l'Italie, la Slovénie et la Croatie, dont la géomorphologie est très représentative de la « typologie karstique ». « Kras » fut ensuite germanisé en « Karst ».

 

Chantoir(e) karstique, dolines et diaclases visibles sur le site des balades

 

En contexte karstique (roches calcaires érodées), le chantoire ou chantoir, francisation du wallon tchantwère ou tchantwêr (chanter), désigne en Belgique et plus rarement dans le Nord et l'Est de la France, une perte hydrologique d'un cours d’eau pérenne ou temporaire, dans une dépression marquée (doline ou aven) qui se produit lorsqu'un ruisseau quitte la surface et poursuit son cheminement sous terre.

Il y a un ensemble de trois chantoirs, visible du chemin dans le bois du Prince. Le mieux est de prendre un peu de hauteur pour les admirer d’en haut. Malheureusement, le chantoir est souvent silencieux car le débit d’eau est insuffisant pour créer et amplifier le phénomène de chantoir.

 

 

 

Une doline (mot d’origine slave)  est une forme caractéristique d'érosion des calcaires en contexte karstique. La dissolution des calcaires de surface conduit à la formation de dépressions circulaires mesurant de quelques mètres (ressemblant souvent à un trou d’obus) à plusieurs centaines de mètres. On en trouve de très typiques au sommet des chantoirs dans le bois de Loverval (voir photos ci-dessous).

 

 

 

 

Une diaclase, mot qui signifie fracture-rupture, désigne l'épisode au cours duquel une roche se fend sans que les parties disjointes s'éloignent l'une de l'autre (ne pas confondre avec la faille dans laquelle les deux blocs rocheux se déplacent et souvent glissent l’un sur l’autre). Il n'y a ni déplacement (pas de rejet), ni remplissage. Ce type de fracture est souvent orienté perpendiculairement aux limites de stratification.

Une diaclase peut apparaître du fait des pressions auxquelles est soumise la roche. En général, de faibles contraintes tectoniques sont nécessaires et les diaclases se forment facilement. Même si elles peuvent ressembler à des grottes, qui sont dues à l’érosion par l’eau, le mécanisme de formation est différent (pression et contraintes).

Un bel exemple de diaclase est visible du chemin, pas très loin de la grotte des Sarrasins (voir photo ci-dessous).

 

 

 

 


La grotte des Sarrasins ou des Sarrazins

 

La grotte des Sarrasins est située le long de l’allée des Templiers.

 

Le terme « Sarrasins », à l’origine, désigne les musulmans d’Espagne, de Syrie et d’Afrique du Nord.

A noter que le sarrasin est aussi une plante dont les graines sont utilisées en alimentation humaine et animale.

Et autre signification amusante : sarrasiner signifie travailler au noir et à bas tarif.

Mais, selon certaines sources de tradition orale, le nom de Sarrasins désignerait aussi, dans notre région, des Nutons, des petits hommes bienveillants connus pour habiter les grottes et ne se montrant qu'accidentellement aux gens de la contrée. On raconte que, si le soir, on venait déposer auprès de leur demeure du linge sale, des ustensiles ou de vieilles chaussures, on pouvait les reprendre le matin au même endroit, lavés et  parfaitement réparés et raccommodés, moyennant un pot de lait ou un morceau de lard.

On trouve l’appellation « Sarrasins » dans toute la Wallonie : dans le Grand Charleroi, le terme a désigné des édifices anciens : un château à Montignies-sur-Sambre, un prieuré à Jumet, une enceinte à Gilly, un monticule à Ransart et  des tours de défense.

Les habitants d’un quartier comme  Heigne (Jumet), voire d’un village comme Viesville sont affublés de ce surnom.

Le site de la grotte se compose en réalité de quatre cavités, creusées par l'eau dans le calcaire du massif karstique.

La grotte des Sarrasins se situe sur le versant est de la vallée du ruisseau du Fond des Haies, dans un resserrement de parois rocheuses, à hauteur des résurgences.

 

L’altitude du site est de 160 m.

La caverne exposée au nord-ouest est précédée d’un cône de déjection et surmontée d’un surprenant bloc rocheux en suspens. La galerie porte des traces d’érosion hydraulique.

Le réseau intérieur comprend plusieurs salles avec diaclases (fissures dans la roche, sans déplacement des parties), chatières (galeries étroites), plancher stalagmitique, concrétions et gours (dépots de calcite).

Le massif forestier  s’appuie sur le fond rocheux de la vallée, avec abrupts et dolines.

Des fouilles, commencées en 1961 par des spéléologues amateurs de la région, ont mis à jour un squelette humain datant de la fin de l'ère glaciaire (il y a 11.000 ans environ) et de nombreux objets taillés en os et en silex. C'est aussi dans ces grottes que furent découverts des dents ou ossements d'animaux  tels que l'ours des cavernes, le mammouth, le rhinocéros et le renne.

Ces cavités constituent aujourd'hui un refuge de première importance pour les chauves-souris. Le site est ainsi très favorable à l'hivernage du grand rhinolophe, une des espèces les plus menacées en Wallonie.

 

 

 

 

 

 

 

http://biodiversite.wallonie.be/servlet/Repository/rhinolophus_ferrumequinum_jlg_02-jpg.jpg?IDR=2705&IDQ=20&LANG=fr

 

Un musée,  le musée Marcel Collet, est aménagé dans les locaux de l’ancienne école communale de Loverval qui abrite actuellement la bibliothèque. Le bâtiment est situé sur la route de Philippeville, en face du magasin « Mr Bricolage ». Il présente les pièces les plus représentatives des fouilles.

Ci-dessous des ossements d’ours.

 

Malgré les efforts de l’Administration Communale, qui ferma la grotte par une grille bétonnée, les pilleurs, vandales et curieux de tout poil continuèrent de pénétrer sur le site des Grottes, avec les saccages que l’on devine.

 

 


Les ruines dites des Templiers

 

"Allons donc aux Timplis", comme disaient les anciens, qui appelaient aussi ce site « le trou aux liards ».  Le site renfermerait le trésor des Templiers selon la légende.

Cette légende évoque la  «gatte d'or » (chèvre d'or), animal légendaire du folklore wallon qui vivrait dans des cavernes et des souterrains, y gardant une quantité considérable d'or et ne quittant son trésor qu'une fois l'an, durant la nuit de la Saint-Jean (24 juin).

Au XIXe siècle, des ouvriers de la région, ayant entendu parler d’un fabuleux trésor caché au fond du puits par les anciens habitants du lieu, débarquèrent sur le plateau avec pelles et pioches et se mirent à creuser la terre. Bientôt, l’espoir illumina leur regard. Certains venaient, paraît-il, d’apercevoir un angle du coffret tant convoité. Au moment où les ouvriers allaient atteindre le précieux trésor, un bruit diabolique monta des entrailles de la terre, avec tant d’éclat que tous s’enfuirent, épouvantés. Ils prétendirent par la suite avoir vu le sol s’entrouvrir avec fracas, les pierres rouler dans un abîme mystérieux et le coffre disparaître.

Le site attribué aux Templiers se situe dans le "Bois des Priesse" (du Prêtre) ou encore "Bois du Prince", juste à la limite des anciennes communes de Loverval et Marcinelle. Avant la Révolution française, il se trouvait sur le territoire de la Principauté de Liège, comme le rappellent encore deux bornes datées de 1667, au pied de la colline. Une de ces bornes porte la figuration d'une croix monumentale avec le monogramme M.H. de l'Evêque de Liège, Maximilien-Henri de Bavière.

Le chemin du Try d’haies, en contrebas des ruines, était jadis un important axe Nord-Sud, qui reliait les rives de la Sambre au sud de la région. Les Templiers empruntaient ce chemin couramment, et l’appellation de « chemin des Templiers » en est restée. Ce chemin fut détrôné comme voie de communication Nord-Sud lors de la construction de la route de Philippeville au XVIIIe.

Le site a été fouillé en surface en 1873.

Les ruines, telles que nous pouvons les voir, ont été fouillées et partiellement reconstituées par plusieurs équipes d'archéologues amateurs entre les années 1960 et 1980. Le chantier fut entrepris dès 1961 par l’allemand Arnold BAUM qui publia le résultat de ses recherches dans "Archéos". Il fut continué ensuite en 1974 par Roland HENSENS qui publia dans la revue du CHAM (Cercle d'Histoire et d'Archéologie de Marcinelle).

Comment ces ruines se présentent-elles à présent ?

C’est sur un éperon rocheux que trônent les ruines du «  château des Templiers ».

 

Vers la fin du Xe siècle,  un mur de clôture de 150 mètres sur 75 environ englobait un ensemble de bâtiments : une chapelle romane et son annexe, une salle d'habitation avec cuisine, un atelier de travail du fer, un entrepôt, une cave et un escalier, un enclos, une étable, un potager, une basse-cour et des bassins de pisciculture. Au fond de la cave, désormais à ciel ouvert, une cavité de 7m de profondeur, formée par l’érosion, servait de glacière. L’établissement semble avoir fonctionné jusqu’au début du XIIIe ainsi qu’en témoignent les pièces de monnaie et le style de la céramique mis à jour, avant d’être définitivement pillé et incendié. Le site aurait été réoccupé au XVIe, probablement par des charbonniers

 

 

 

 

 

 

Des débris, on a retiré divers fragments de vaisselle qui furent patiemment reconstitués et se trouvent au musée communal de Marcinelle, des outils et armes en fer, des boucles et des bijoux en bronze, douze pièces de monnaie avec croix de Malte et ornements cabalistiques, un schiste vert manuscrit, plusieurs squelettes et une colonne torse en pierre provenant de la chapelle.

Les Templiers de Loverval ont-ils pour autant livré tous leurs secrets ? S'agit-il vraiment d'une commanderie, d'un simple ermitage ou d'une maladrerie de Templiers ? Il manque des documents écrits pour répondre à ces questions.

L’établissement semble avoir fonctionné jusqu’au début du XIIIe s. Le XIIIe siècle a en fait marqué le début de l’installation de l’Ordre du Temple dans nos régions, après le retrait des Croisés en Europe. Selon certaines sources, le site lui-même n’aurait pas été occupé par les Templiers, mais il fut  certainement témoin de leur passage, lors de haltes, car une commanderie de Templiers fut fondée à Bertransart (Gerpinnes) en 1207. Ci-dessous un texte reprenant ce qui est connu de cette commanderie.

Une potale présente aussi un écusson contenant la croix de Malte, symbole de l’ordre des templiers.

 

http://4.bp.blogspot.com/-l497VuFw5E8/T-zScMf25kI/AAAAAAAACPg/9oMnkLKLPYQ/s1600/IMG_0060+copie.jpg

 

 

 

L’ancienne carrière du Borgnery et la mémoire des fusillés

 

On devine les traces de cette ancienne et modeste exploitation du calcaire derrière le rideau d’arbres. La même roche fut extraite dans la grande carrière Solvay de Couillet pour permettre la fabrication de soude caustique.

Une grande croix blanche rappelle qu’entre 1942 et 1943, 240 résistants furent fusillés  par les nazis dont certains résistants sur ce site.

Les suppliciés ont ensuite été enterrés au hameau Diarbois, proche de l’aéroport de Charleroi, où un monument leur rend hommage.

Borgnery est un mémorial marqué par un chemin de gravier et une pelouse entretenue. Au pied des roches verticales, une base de pierres cimentées que surmonte un poteau évoque les exécutions.

En 2013, à l’occasion du 70e anniversaire, une stèle a été ajoutée au mémorial existant. Elle reprend le nom de 12 fusillés dont on est certain de leur exécution à cet endroit.

Un petit rappel historique s’impose pour comprendre les raisons de ce mémorial. Dès la capitulation de l’armée belge le 28 juin 1940, des groupes de résistants se constituent dans le pays comme «la Légion Belge», « le Mouvement National Belge », etc. Ces mouvements de résistance entament immédiatement des actions contre l’occupant comme la diffusion de presse clandestine, l’envoi de renseignements vers l’Angleterre…

La réaction ne se fait pas attendre et de nombreux résistants sont capturés, jugés et condamnés à des peines de différents ordres. Ce fut notamment le cas dans la région de Charleroi où sévissait la police allemande, la «Geheimfeldpolitzei» basée à Loverval. Le tribunal militaire était installé à Charleroi.

Les condamnés à mort furent exécutés à la prison de Charleroi, au stand de tir de l’armée à Marcinelle, à la Serna à Jumet et à la carrière de Borgnery à Nalinnes entre 1942 et 1944. Le nombre d’exécutions à Borgnery est évalué à une trentaine selon certains, à un peu plus selon d’autres. Cette imprécision est due à la disparition d’une grande partie des archives en 1944.

 


Le ruisseau de la Fontaine-qui-Bout.

 

Observez bien la surface de l’eau à gauche de la maison, qui est actuellement à l’état de ruines. Vous pouvez remarquer un petit bouillonnement qui donne son nom au cours d’eau. Son faible débit en fait un milieu idéal pour la reproduction de la salamandre tachetée. Ce vallon est classé en tant que site (Monuments et Sites), au même titre que le bois du Prince. La clôture que vous apercevez est destinée à empêcher les sangliers de passage de faire des dégâts dans la prairie voisine.

 

 


La station d’épuration des eaux usées de Nalinnes

 

Cette station se trouve en bordure du bois. L’eau épurée se déverse dans un ruisseau qui alimente les Lacs du centre de délassement  (voir photos ci-dessous).

 

 

 

 

 

 

 

Les terrils du bois du Cazier ou terrils Saint-Charles

 

Le Cazier. Ce nom est dans toutes les mémoires comme la catastrophe minière la plus effroyable que la Belgique ait connu.

Le 8 août 1956, un incendie à 1.035 mètres provoque  la mort de 262 mineurs de fond (dont 136 Italiens, 95 Belges, 8 Polonais, 6 Grecs, 5 Allemands, 3 Hongrois, 3 Algériens, 2 Français, 1 Anglais, 1 Néerlandais, 1 Russe et 1 Ukrainien) sur les 274 hommes présents dans la fosse.  En quelques heures, la Belgique est sous le choc. Les familles des mineurs se pressent devant les grilles et y passent des jours et des nuits de désespérance tandis que se relaient les équipes de sauveteurs, les médecins et infirmiers des hôpitaux de la région. Cette page la plus noire des charbonnages belges continue aujourd’hui de marquer la mémoire.

L’exploitation du sol en vue d’extraire la houille a démarré sur la concession du Bois du Cazier en 1822. Au début du 20ème siècle, la concession est rachetée par les charbonnages d’Amercœur et exploitée par la Société anonyme du Charbonnage du Bois du Cazier.

Dans les années 50, le puits Saint-Charles est une concession de plus de 875 hectares courant sous le sud de Marcinelle, l’ouest de Couillet, de Loverval et Gerpinnes.

Après la catastrophe, l’exploitation de surface reprend en 1957. La société est mise en liquidation en janvier 1961. La fermeture définitive est décrétée en 1971.

Les bâtiments principaux du charbonnage datent de 1930. Les tours à molettes métalliques ont été érigée à la fin du 19ème siècle pour l’un et au début du 20ème siècle pour l’autre.

Laissé à l’abandon des décennies durant, le carreau du charbonnage fut laborieusement maintenu en l’état par d’anciens mineurs de la région qui y assuraient une veille symbolique et organisaient des visites, notamment lors de journées du Patrimoine.

Depuis 2002, le site du charbonnage du Cazier, classé et entièrement restauré,  accueille un centre de documentation, le musée de l’Industrie de Charleroi, le musée du Verre et un mémorial de la catastrophe de 1956.  A l’instar des charbonnages-musées du Grand-Hornu et du Bois-du-Luc en Province de Hainaut et de Blegny-Mine en Province de Liège, le site du Cazier est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2012.

 

Le site comprend trois terrils. La passerelle  qui surplombe la rue de la Gare rappelle le transporteur aérien montant le charbon vers le grand terril Saint Charles Sud.

Le premier terril un peu plat, se monte et se descend de préférence par l’arrière c’est-à-dire côté passerelle. Le côté donnant sur le bois du Cazier est assez abrupte et offre une belle vue sur le  sur le site du bois du Cazier. En haut, il y a  plusieurs bancs et tables.

 

 

Le deuxième terril conique, se monte, soit par la passerelle (lieu où se trouvait avant le treuil qui amenait les déchets en haut du terril), soit par la rue de la gare. En haut il y a un belvédère qui offre une très belle vue sur les environs. Le sommet du grand terril Saint-Charles se trouve  à 241 m. d’altitude. Il offre un panorama exceptionnel sur toute la région.  Une trentaine de terrils sont visibles à la ronde.

 

 

 

 

 

 

Pour notre grand bonheur, les terrils qui ont cruellement marqué notre paysage wallon sont devenus de magnifiques sites verdoyant où la biodiversité se développe de façon étonnante. Voir le petit film à l’adresse ci-dessous :

http://fr.wikiloc.com/wikiloc/imgServer.do?id=887334

Et aussi :

http://fr.wikiloc.com/wikiloc/imgServer.do?id=3088899

 

Pour de plus amples informations sur la colonisation des terrils par la flore et la faune, voir le bel ouvrage de Françoise Raes et Emmanuel Bosteels : « Terrils : de l’or noir à l’or vert ». Edition Lannoo, 2006. En vente à la FNAC (sur internet ou en magasin). Prix : 20,00 €, livraison comprise.

 

 

 

 

La biodiversité tout au long du parcours.

 

En plus des quadrupèdes de notre groupe, de nombreux exemplaires du monde animal et du monde végétal peuvent donc être observés et entendus au long de nos promenades.

Un site internet de référence de la Région Wallonne sur la biodiversité  donne de nombreuses informations intéressantes sur la multitude d’animaux et de végétaux qui peuvent être observés :

-Région wallonne :

http://biodiversite.wallonie.be/fr/accueil.html?IDC=6

-et France :

http://inpn.mnhn.fr/accueil/index

-Pour aider à identifier les oiseaux :

http://www.oiseaux.net/identifier.cgi

http://protectiondesoiseaux.be/

-Pour entendre les cris et les chants :

http://www.web-ornitho.com/Chants.chant.cris.des.oiseaux.de.france.et.europe.htm

http://www.xeno-canto.org/

Pour aider à identifier les poissons, voir le site ci-dessous :

http://environnement.wallonie.be/publi/dnf/poissons_eaux_calmes.pdf

 

Voici quelques exemples :

Les oiseaux

Le pic noir

http://ornithologie.free.fr/zz/pic_noir_male.jpg

Le pouillot siffleur

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e0/Flickr_-_Rainbirder_-_Wood_Warbler_(Phylloscopus_sibilatrix).jpg/290px-Flickr_-_Rainbirder_-_Wood_Warbler_(Phylloscopus_sibilatrix).jpg

 

La chouette chevêche

 

 

La grive musicienne

 

La sittelle torchepot

 

 

Le troglodyte

A ne pas confondre avec le troglodyte humain, qui vivait (et vit encore) dans les anfractuosités des rochers ou dans des cavernes creusées dans la roche.

 

 

Le pinson des arbres

Le rouge gorge

 

 

 

La mésange charbonnière

 

 

……Et encore bien d’autres…..

 

 

Les mammifères

 

Le chevreuil. (Capreolus capreolus).

 

Le chevreuil mâle est appelé brocard. Lui seul porte des bois, mais il les perd à l'automne. La femelle du chevreuil est la chevrette. Elle ne porte jamais de bois (une vieille chevrette stérile est aussi appelée bréhaigne). Le jeune chevreuil s'appelle le faon (jusqu'à 6 mois), puis chevrillard (de 6 à 12 mois)

… A ne pas confondre avec le cerf et la biche, qui sont aussi des cervidés, mais qui sont d’une taille et d’un poids nettement plus élevés.

http://img.nundafoto.net/-/data/gallery/photos/41/1/3941l-chevreuil-capreolus-capreolus.jpg

http://chasse.cote-dor.pagesperso-orange.fr/chevreuil16.jpg

 

Les fleurs

L’Anémone sylvie

http://dirreve.wolf.am/wp-content/gallery/flore/anemone-nemorosa.jpg

http://www.lepetitherboriste.net/photos/anemonedesbois1.jpg

 

http://www.saisons-vives.com/repupload/flore/jacynthe_plan.jpgLes  jacinthes des bois sont généralement bleues, mais il en existe aussi des blanches

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://media.gerbeaud.net/2013/10/640/hyacinthoides-non-scripta-sous-bois.jpg

Les  jacinthes des bois sortent fin avril, juste avant que le milieu soit assombri par le couvert intense des hêtres. Elles peuvent assurer leur cycle de croissance et de reproduction si rapidement grâce à leur bulbe qui emmagasine d’abondantes réserves, comme les jonquilles.

 

http://blog.interflora.fr/wp-content/uploads/2012/03/jonquille3-300x198.jpg

 

 

……Et bien d’autres……

Les arbres

Ils sont nombreux et nous avons la chance de marcher dans des hautes futaies, dont l’un des principaux et majestueux représentants est le hêtre commun (Fagus sylvatica).

 

De nouveau, Internet via Google notamment,  nous offre des possibilités immenses de s’informer.

 

Peuvent aussi être observés :

 

Les champignons

A l’automne, le bois du Prince est particulièrement réputé pour la variété de ses champignons.

Les insectes (6 pattes) et araignées (8 pattes)

Le code forestier encourage les exploitants à laisser en place une quantité d’arbres morts qui concourent à abriter une pléthore d’insectes et d’araignées qui font le menu d’oiseaux spécialisés. Ces arbres constituent également des caches pour les batraciens, ou des lieux de reproduction pour les gros insectes.

La biodiversité des ruisseaux, des étangs et des lacs

Les espèces qui peuplent les cours d’eau dépendent du débit, de la profondeur, des éléments dont est constitué le lit, du taux d’oxygène et, bien sûr, de la qualité de l’eau. Les habitats aquatiques abritent des communautés animales parfois très surprenantes. Le ruisseau de la Fontaine-qui-Bout est peuplé de crustacés, les gammares. Il s’agit de crevettes d’eau douce, longues d’un centimètre en moyenne, qui   sont des êtres sans colonne vertébrale détritivores, considérés comme de bons marqueurs biologiques et bio-indicateurs de qualité de l'eau.  Ils sont protégés par un exosquelette de chitine.

http://ecoles.ac-rouen.fr/hirondelles/CE2-CM1/Projet%20nature/faune/photos%20faune/photogammare.jpg

 

On y trouve aussi foule de larves d’insectes dont les éphémères.

http://photorando84.free.fr/forums/insectes/autres46a.jpg

 

Ces dernières sont les plus anciens insectes ailés de notre région, apparues il y a environ 300 millions d’années. Elles peuvent vivre plusieurs années à l’état de larves sur le fond des cours d’eau. Une fois écloses, en période estivale, elles ne se nourrissent pas et ne se consacrent qu’à la reproduction avant de mourir, parfois dans la même journée, et au maximum trois jours plus tard, d’où leur nom d’éphémères.

Les cours d’eau de faible débit comme le ruisseau de la Fontaine-qui-Bout sont propices au développement des larves de salamandre,

http://www.pnr-lorraine.com/visuels/zoom/1367909434_salamandre-jc-5.jpg

 

mais il faut davantage d’eau pour abriter d’autres poissons comme les épinoches.

 

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

 

D’autres organismes comme les mollusques et les vers grossissent les rangs des milliers d’espèces que l’on retrouve dans nos ruisseaux.

 

 

 

 

 

 

 

Les dépliants de la maison du tourisme de Charleroi

 

Ils sont pour certains téléchargeables sur le site de la maison du tourisme :

 

http://www.paysdecharleroi.be/index.php?option=com_brochures&Itemid=4&lang=fr

 

 


Les visites et balades organisées par la maison du tourisme de Charleroi

 

Une ballade est particulièrement intéressante pour connaître le site de nos balades quadrupédiques. Voir ci-dessous.

La balade est organisée régulièrement. Pour en savoir plus, rendez vous sur le site internet de la maison du tourisme.

 

www.paysdecharleroi.be

Il existe aussi une belle vidéo en HD qui illustre très bien notre site de marche. Voir le lien ci-dessous :

http://fr.wikiloc.com/wikiloc/imgServer.do?id=5719101

Bibliographie qui peut être consultée :

-OUVRAGE COLLECTIF (1980), "Loverval, terre des bois et des eaux",  écrit par des habitants de Loverval.

L'ouvrage est épuisé, mais est consultable à la bibliothèque.

-DOPPAGNE Albert (1977), « Les Sarrasins en Wallonie » , éditions Duculot, collection « Wallonie, art et histoire ».

-FOURNEAU Robert (1976), « Géomorphologie de la région de Charleroi » éditions de l’Institut Jules Destrée. L’ouvrage décrit la vallée du ruisseau des Haies, les phénomènes karstiques, les pertes de ruisseaux et les résurgences.

-LORENT Guy (1979), « Paleo-Contact », périodique n°2 publié par l’Association de Spéléologie, d’Alpinisme et de Recherche (asbl)

-CULOT Edith, « Guide du visiteur », Association Marcel Collet.  Minéralogie. Fossiles.

-LEMPEREUR Emile et CARLY Michel (1987), « Légendes et contes du Pays de Charleroi », éditions Legrain.

-ASSOCIATION MARCEL COLLET, « Histoire et archéologie de Loverval », bulletin périodique d’informations.

Extraits de presse :

-LEBRUN Raymond, « Nalinnes, village bien-aimé », Syndicat d’initiative de Nalinnes.

-LYON Clément (1878), « Promenade dans le Pays de Charleroi, les Templiers, la légende et l’histoire », 1878.

-LA NOUVELLE GAZETTE du 06-02-1980, « Les découvertes de la Grotte des Sarrasins de Loverval : un gisement extraordinaire de fossiles »

-LA NOUVELLE GAZETTE du 07-02-1980,  « Des découvertes paléontologiques sensationnelles dans la grotte des Sarrasins, à Loverval »

-LE RAPPEL du 06-02-1980, « Découvertes archéologiques exceptionnelles dans la grotte des Sarrasins. Des spécialistes vont les étudier dans les prochains jours »

-LE RAPPEL du 08-02-1980, « A Loverval, les grottes des Sarrasins, une merveille naturelle digne des plus grands sites archéologiques »